samedi 23 février 2008

Religion et politique font-elles bon ménage?

À l'ère de la "Direct-Info" (l'information partout, en direct, instantanée) même quelqu'un qui ne désire pas entendre parler d'élections américaines finit par savoir qu'il s'agit sommairement d'élire un candidat républicain et un candidat démocrate pour représenter le parti. Jusqu'à maintenant, c'est le coté démocrate qui fait couler le plus d'encre, avec deux candidats de force globablement égale; Barack Obama, un homme de 46 ans, de couleur noire, qui fait rêver les jeunes américains en leur proposant quelque chose qui ressemble à un retour aux années de Kennedy, et Hilary Clinton, plus mûre avec ses 60 ans, qui, bien que favorite aux débuts de sa campagne, commence à perdre des plumes au profit de son adversaire. Du côté républicain, c'est une lutte qui se fait presque par principes, car le principal candidat (qui, de façon quasi-assurée, gagnera l'appui des républicains) John McCain n'a plus qu'un seul adversaire, Mike Huckabee, 52 ans, qui se bat jusqu'à la fin mais qui a déjà accepté la défaite. Le futur représentant, donc, des républicains (dont l'actuel président George W. Bush fait partie) provoque bien des sourcillements. L'homme de 71 ans, qui en est à sa deuxième participation à des élections présidentielles (les dernières l'avaient opposé à M. Bush) a en effet une doctrine politique bien à lui, très claire, et aussi, extrêmement conservatrice. En plus d'être pro-vie (c’est-à-dire hostile à l'avortement qu'il qualifie de tragédie humaine et qu'il souhaite voir interdire sauf en cas de viol, d'inceste et d'atteinte grave à la santé de la mère), il s'oppose au mariage homosexuel (quoiqu'il a toutefois refusé de signer l'amendement à la Constitution américaine pour l'interdir), est favorable à la peine de mort, est partisan d'une politique de réforme sur l'immigration (visant à renforcir les contrôles aux frontières et à régulariser les clandestins) et est finalement totalement opposé au contrôle des armes à feu. C'est que l'homme politique qu'est McCain n'a pas toujours été ce qu'il est: c'est aussi un ex-soldat de l'armée américaine, qui a participé à guerre au Nord du Vietnam. M. McCain avait, en 2000, perdu contre l'actuel président américain George W. Bush en grande partie à cause du manque d'appui des extrémistes conservateurs chrétiens, qui le trouvaient socialement trop libéral. Cette fois-ci, sa position concernant l'avortement a suffit à convaincre la majorité d'entres eux. C'est donc de dire que si l'on obtient l'appui de l'extrême-religieux aux États-Unis, on est certain de gagner les suffrages républicains! Les États-Uniens, (L'existence de ce terme en langue française est attestée depuis 1965¹) dont les valeurs principales sont la justice et le droit équitable à tous dans un état laïque depuis sa création modifient depuis quelques dizaines d'années ces fondements constitutionnels en mêlant religion et politique. L'apposition de la phrase In god we trust en 1956 sur la monnaie États-Unienne vient prouver l'association entre les deux organisations de l'État. Aujourd'hui toutefois l'on va plus loin: le nouveau slogan est-il If he trusts in god, then vote for him? Jusqu'à quel point les organisations religieuses ont-elles un pouvoir politique, et dans cet optique de démocratie, jusqu'à quel point ce pouvoir est-il dangereux pour l'État? L'ardent défenseur de la démocratie capitaliste serait-il biaisé par d'autres organisations et menacé de perdre l'égalité du vote? En ce sens, permettre aux églises d'influencer le vote dans l'État ne devrait pas être permis, et plutôt que de dénoncer d'anciennes relations sexuelles de John McCain alors qu'il était marié, le New York Times aurait intérêt à faire le point sur la situation...
¹: Dans son Grand dictionnaire terminologique, l'Office québécois de la langue française précise : « Une tentative a été faite pour remplacer le terme états-unien, encore peu répandu par rapport au terme américain, par usanien. Celui-ci n'est qu'une forme francisée du terme anglais Usanian, légèrement familier, qui a été créé à partir du sigle USA (United States of America). Il existe en anglais plusieurs autres termes qui ont été proposés pour remplacer American, dont United-Statesian (ou United Statesian, ou Unitedstatesian), mais sans succès. »


¹Source (image et texte): Cyberpresse, http://www.cyberpresse.ca/article/20080223/CPMONDE/80223069/6488/CPACTUALITES
²Source : Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/In_God_We_Trust, http://fr.wikipedia.org/wiki/John_McCain, http://fr.wikipedia.org/wiki/Hillary_Rodham_Clinton, http://fr.wikipedia.org/wiki/Barack_Obama

jeudi 21 février 2008

Choisir sa vie, ou se la faire choisir...

Le temps s'écoule, invariablement, narguant les élèves de cinquième secondaire qui auront un choix crucial à faire dans les 9 prochains jours, choix qui scellera pour la plupart d'entre eux leur vie future. Depuis plus de deux ans, et même avant cela, ils se préparent mentalement à cette décision, parfois avec certitude, parfois avec ignorance, parfois comme un homme dans le noir qui avance à tâtons, sans trop savoir ce qu'il fait. Pour ceux qui savent, parfois, c'est pire! Certains sont tellement fixés sur leur objectif qu'ils en oublient le reste, et sont déçus. Ou d'autres qui ne trouvent pas ce qu'ils cherchent...
Plus dramatique encore, il y a une réalité qui est taboue au Québec: connaître ce que l'on veut faire, mais avoir la route barrée par des obstacles, qu'ils soient humains ou monétaires. Je suis consterné de me rendre compte à quel point il n'y a pas de documentation, de référence ou d'aide à ce sujet disponible dans les écoles ou sur Internet. Sur Repères (http://www.reperes.qc.ca/), un site dédié à l'accompagnement de l'élève durant son cheminement personnel en relation avec sa carrière, on trouve une dizaine d'organismes d'aide, une trentaine de tests divers, et quelques centaines de professions, mais aucune ligne, aucun mot que ce soit sur "Quoi faire si mes parents ne veulent pas que je fasse ce que je veux faire?". Non seulement ceci est aberrant, mais force est de constater qu'ils ne sont pas les seuls à ne pas fournir d'appui à un moment aussi crucial; le fait est que l'information n'est tout simplement pas disponible. Est-ce parce-que le gouvernement, ou tout autre organisme ne considère pas avoir la responsabilité nécessaire à l'intervention dans les familles? Est-ce dans le but de ne pas créer de remous ou de ne pas interférer dans les décisions qui concernent des valeurs familiales? Je ne sais pas. Reste qu'empêcher un enfant de faire ce qu'il aime dans la vie, ou ce qu'il croit aimer, est une atteinte profonde à sa liberté, puisque le parent qui agit en tant que tel ne le limite pas uniquement pour la durée de ses études, mais également pour le reste de ses jours. Quand aux raisons qui motivent un tel acte de restriction, ne me viennent pas autre chose en tête que les aspects financiers et honorables . L'importance de ces critères est bien entendu évaluée par les familles, selon leur valeurs, mais à quel point celles-ci devraient-elles compter face à au libre-choix de l'individu qui va faire ses études et qui va vivre sa vie?

En fait, si l'enfant n'arrive pas à convaincre ses parents, il est pris avec les choix de ceux-ci. Non seulement l'étudiant n'a pas les moyens de s'auto-suffire, menace souvent proférée par la famille, mais en plus n'est pas encore prêt à affronter seul les défis qui l'attendent. Le geste d'empêcher son enfant de vivre comme il l'entend est un geste de la pire des lâchetés, traître, profiteur de sa condition, malhonnête, et devrait être condamné comme un crime à l'atteinte de la liberté d'expression et dans ce cas-ci, de la liberté de vivre! Comment se fait-il que personne ne soulève la question dans les bureaux administratifs, elle qui est si souvent soulevée dans les écoles ou dans les maisons? Comment se fait-il qu'encore aujourd'hui, on privilégie l'accès aux métiers libéraux aux enfants, les présentant dès le plus jeune âge comme la voie vers le bonheur, la porte de sortie vers un monde meilleur? N'est-ce pas justement une projection des parents dans leurs enfants qui les incite à les pousser autant?
Si c'est cela, les parents devraient porter plus attention à ce vers quoi ils tendent leur progéniture, le taux de Burn-Out augmente significativement avec l'augmentation de la masse de travail!


¹Source (image): Repères, https://reperes7.reperes.qc.ca/reperes/asp/reperes.aspx

mercredi 20 février 2008

Le Ritalin, efficace si contrôlé...

Le cadran sonne. 7h00. C'est l'heure pour Émile de se lever et d'aller à l'école. Toutefois celui-ci ne se fait pas réveiller: il ne dormait pas. Émile souffre de TDA-H, le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité motrice. Ses parents, qui ont déjà fait leur deuil de l'enfant parfait, souffrent également de sa condition, en se faisant répéter constamment par leurs proches qu'ils ne sont pas assez sévères avec leur petit, ou qu'ils lui donnent trop de sucre. Toutefois ils ne sont pas les plus à plaindre: Émile doit vivre avec ce trouble au quotidien, et continuera de vivre avec jusqu'à l'adolescence, où il lui fera augmenter de façon significative ses chances d'être toxicomane, dépendant à l'alcool et anti-sociable. Le TDA-H, c'est un trouble héréditaire dans 95% des cas, qui touche 5% des enfants de la Province. Il s'agit d'une déficience sur le plan des neurotransmetteurs (en particulier la dopamine) qui provoque un ralentissement du fonctionnement d'une zone du cerveau (lobe frontal), responsable du contrôle de certains comportements. Pour contrôler la déficience, le meilleur traitement reste pharmacologique: le Ritalin. Il améliore spécifiquement la concentration, la mémoire, le contrôle de la frustration et de la colère. Ce médicament est un stimulant cérébral qui active la sécrétion de deux neurotransmetteurs, la dopamine et la noradrénaline, substances chimiques qui rendent possible le passage d'un message d'une cellule nerveuse à une autre. Ce médicament ne guérit pas le TDA-H, il ne fait que permettre à l'enfant de mieux contrôler ses symptômes. Donc, la guérison de cette affection ne se fait pas uniquement par le Ritalin, mais par divers autres moyens que les parents doivent mettre en place chez l'enfant. Toutefois est-ce possible que l'enfant ne consomme pas de Ritalin, tout en étant contrôlable? La raison étant que le Ritalin n'est pas sans danger, principalement s'il est prescrit de façon abusive chez un enfant qui n'en a pas besoin. Puisque les symptômes du TDA-H sont la faible capacité d'attention, l'impulsivité et l'hyperactivité, et que ceux-ci sont reliés à une panoplie d'autres pathologies, la prescription de ce médicament devient difficile. Dans le début des années '90, déjà, plusieurs parents s'inquiétaient du taux de prescription qui montait en flèche, et ont commencé à associer le Ritalin à un remède pour paresseux, dangereux et mauvais. Il est vrai que les symptômes à court terme font sourciller: insomnie, irritabilité, douleurs abdominales, diminution de l'appétit, perte de poids, augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Cela n'a pas semblé décourager une majorité, toutefois: aujourd'hui, il y a 5 fois plus de parents qui donnent à leur enfant du Ritalin qu'en 1990. Et cela même si les études semblent prouver que la dépendance ultérieure à des stimulants chez l'enfant en sera fortement augmentée. Selon la Dr. Nadia Gagnier, il y a certains cas où la prise de Ritalin est nécessaire, et où l'enfant est tout simplement incapable de fonctionner en société. C'est précisément cela qui est intéressant: la société, habituée à la facilité, devient-elle intolérante aux gens "imparfaits"? Est-elle plus portée à "geler les enfants" pour éviter le trouble d'avoir à négocier avec des chutes d'humeur ou des comportements en montagne russe? Selon Francine Côté, directrice et fondatrice de l'Association Panda, qui soutient les parents et l'enfant en déficit d'attention, les parents ne sont jamais heureux d'en arriver à donner de la médication à leur enfant (une médication qui soit dit en passant, nécessite un horaire régulier, puisque la posologie est d'une fois aux quatre heures) et c'est souvent en dernier recours qu'ils vont consulter un médecin. Toutefois sa déclaration est un peu obscurcie par les chiffres des dernières années qui montrent que le nombre d'ordonnances est passé de 37 000 en 1990 à plus de 183 000 en 1997. Chiffres auxquels s'ajoute le fait que dans les milieux défavorisés, le pourcentage d'enfants consommant du Ritalin se chiffre à 12 %, comparativement à une moyenne de 5%. Les parents d'aujourd'hui ont-ils autant de temps à donner à leurs enfants, temps qui aujourd'hui, est la plus précieuse des denrées? Francis Brière et Christian Savard, auteurs du livre Les alternatives au Ritalin, semblent croire que non. Avec ce livre, on ne voulait pas dire que le Ritalin n'est pas bon, mais qu'il faut aussi explorer autre chose, dit Francis Brière. Le livre Les alternatives au Ritalin s'interroge notamment sur les bienfaits d'une alimentation riche en magnésium, en zinc et en oméga-3. Les auteurs explorent la piste de l'homéopathie et des produits naturels, dont l'efficacité n'a pas été prouvée.
Partout, le verdict est le même: Le Ritalin est nécessaire, mais pas dans tous les cas. Bien que la majorité des parents semblent le faire, il faut essayer d'autres méthodes que le Ritalin lorsque l'on constate ce trouble chez un enfant. Car les complications immédiates et ultérieures ne vaudront peut-être pas l'acalmie temporaire que l'on ira gagner en lui donnant sa dose...


¹Source: Centre communautaire d'intervention en dépendance, http://www.etape.qc.ca/drogues/ritalin2.htm
²Source (texte et image): Cyberpresse, http://www.cyberpresse.ca/article/20060511/CPACTUEL/60511053/1062/CPACTUEL
³Source: Espace Parents Canoë, http://espaceparents.canoe.ca/style-vie/consommation/2007/03/26/3836749-jdm.html

lundi 18 février 2008

Télécharger? Et pourquoi pas?

Pour l'amateur de transports en commun, deux choses sont habituelles. D'abord la vue de gens transits de froid à force d'avoir eu à attendre leur autobus dans un froid sibérien typiquement québécois, ensuite l'impossiblité de communiquer verbalement entre les usagers, parce-que le 7/8 sont affublés d'écouteurs reliés à un Ipod ou à une autre forme de mp3. Ceux qui n'en ont pas sont soit sourds, reliés à un lecteur cd portatif, ou alors ne sont pas familiers avec "le système". Or dans ce nombre, combien ont acheté leur musique, ou inversement, combien ont téléchargé leur contenu? Selon des Statistiques relevées entre le mois de juillet et le mois d'août 2004, 85% des jeunes Québécois âgés entre 18 et 24 ans téléchargent de la musique et n'ont aucun scrupule à le faire. Toutefois il ne faut pas se méprendre: le phénomène ne concerne pas uniquement les jeunes. Une dame résidant à Montauban, près de Toulouse, a récemment paru en cour pour avoir téléchargé, gratuitement et de façon illégale, 2889 fichiers audio sur son ordinateur. La notion d'illégalité est importante ici: au Canada, télécharger de la musique sur son ordinateur en ne payant pas de frais est légal. Le juge Konrad Von Finckenstein, de la Cour Fédérale, n’a pas reconnu les arguments de l’Association de l’industrie canadienne de l’enregistrement (AICE) visant à obtenir l’identité de pirates présumés en mars 2004. " Aucune preuve n’a été présentée pour démontrer que les présumés contrevenants distribuaient ou autorisaient la reproduction d’enregistrements sonores ", affirmait le juge dans son jugement. Ainsi, théoriquement, on ne peut pas prouver l'illégalité d'un distributeur de musique, ou d'un "téléchargeur" qui achète ou vend de façon gratuite des copies d'enregistrements sonores. Reste alors le côté éthique de la chose: est-ce que l'ère des communications et de l'internet contrevient au rendement des artistes, ou des producteurs? Il faut d'abord comprendre que 82,63% du marché américain de la musique provient de quatre compagnies (en 2004) : Sony-BMG, Warner, Universal et EMI. Dans le monde de la musique, ces quatre producteurs sont qualifiés de "Majors". Après avoir essuyé trois années de pertes, avec uniquement en 2003 une baisse de 20% des ventes de disques, ces industries affichent maintenant un rendement supérieur au rendement pré-téléchargement. Du téléchargement payant, des DVD musicaux, des rééditions de DC " remasterisés ", des sonneries des téléphones cellulaires (extrêmement lucratives, notamment en Asie); mais, également, des spectacles qui, eux, n’ont pas vu leur auditoire se défiler sont à la base de nouveaux profits. C'est un peu utiliser le fléau du téléchargement à leur avantage, prendre les armes de "l'ennemi" dans un but lucratif. Quand aux artistes québécois, la nécessité de changement n'est pas aussi grande, puisque leur profit n'a pas drastiquement baissé. En effet, l'approche plus personnelle qu'ont les artistes québécois envers leur public, et le public envers ses artistes semble inciter les consommateurs à ralentir le téléchargement, limitant ainsi les pertes. Le gain perdu se gagne ailleurs également, avec ou bien la formule: "Augmentons la fréquence des spectacles, mais réduisons l'audimat, et ce dans plusieurs régions du Québec (pas seulement Montréal)" ou alors "Augmentons tout simplement le prix des billets, puisque le public payera de toute façon".
Comme le faisait remarquer Clive Davis, président de BMG pour l’Amérique du Nord : " The interest in music is stronger than ever ". Pourquoi freiner l'évolution musicale, plutôt que de tenter de diversifier l'accès à ces sources par le biais de nos nouvelles technologies? La créativité de nos artistes démontrent en ce sens de véritables coups de génie, comme par exemple François Pérusse, qui inclut dans son cd des codes secrets pour le visionnement d'extraits inédits, ou alors d'autres créateurs qui font de leur album une véritable oeuvre d'art, cartonnée, texturée?
À mon avis, le problème du téléchargement est loin d'en être un. C'est au contraire une nouvelle façon de voir la musique qui permet une diversification de l'éventail musical, la connaissance de nouveaux artistes, et l'obtention de musique de diverses cultures au bout des doigts. Le défi n'est pas de contrer, mais de diversifier les domaines auxquels la musique peut être appliquée.


¹Source: Chanson du Québec, http://www.chansonduquebec.com/recherche/piratagemusical.html
²Source: Le lézard, http://www.lelezard.com/actu/4151/le-piratage-de-la-musique-pas-seulement-pour-les-jeunes.html
³Source: Arte.tv, http://www.arte.tv/fr/art-musique/tracks/Jeudi-13-mai-2004-a-23-55/525244,CmC=525214.html
4Source: Apple, http://www.apple.com/fr/ipodtouch/gallery/index.html

dimanche 17 février 2008

Le Kosovo, indépendant à l'aube de 4 millénaires de conflits

Années '90. La Yougoslavie, pendant la guerre froide, forme une fédération comprenant 6 républiques: la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Serbie, et la Macédoine.

  1. Le 15 janvier 1992, la Communauté européenne reconnaît la Slovénie et la Croatie comme pays indépendants.

  2. Après le siège de Sarajevo, qui débute le 6 avril 1992, la Communauté européenne décide de reconnaître la Bosnie-Herzégovine comme pays indépendant.
  3. A la mi-décembre 1993, cinq États membres de la CE (Communauté européenne) reconnaissent la Macédoine, malgré le veto de la Grèce
  4. Quand au Monténégro il accède à l'indépendance en 2006, à l'issue d'un référendum qui place le seuil justifiant le divorce à 55% des voix. Ce seuil est atteint et la Serbie accepte le départ de son tout dernier «associé».

Ne reste plus, donc, que la Serbie. Celle-ci est toutefois en proie à ses propres conflits, notamment avec le Kosovo, une région qui est, pour les nationalistes serbes, le berceau de la Serbie médiévale. Pour eux, les Albanais se sont appropriés le territoire peu à peu, et les véritables maîtres en ce lieu sont les Serbes. Au contraire, les Kosovars disent que le Kosovo a toujours été albanais, et que les Serbes ne sont que des occupants. Pour comprendre efficacement, il faut retourner en arrière de plusieurs siècles, voir de plusieurs millénaires. Vers le IIème millénaire avant l'ère commune, la péninsule des Balkans, qui englobait le Kosovo, était occupé par les Illyriens, qui sont les ancêtres des Albanais. Cette péninsule, qui fut englobée par les Romains, finit par être reprise par les Serbes, qui créèrent l'Empire Serbe. Cet empire fut prospère et ce jusqu'en 1389, où la bataille du Champ de Merles fait du Kosovo l'annexe de l'empire ottoman. À cette époque, Albanais et Serbes se battirent contre les Turcs (de l'empire Ottoman) mais n'y purent rien, et furent battus. Il faut comprendre qu'étant catholiques, ou orthodoxes, ceux-ci ne pouvaient accepter une domination musulmane. Ce qui explique l'exil des Serbes. Toutefois les Albanais restèrent, et furent convertis à l'Islam par les Turcs, ce qui leur valut le déshonneur de leurs alliés Serbes. C'était l'esquisse d'un conflit qui allait perdurer pour les siècles à venir...
Avec cette nouvelle compréhension du conflit qui oppose les deux peuples depuis toutes ces années, revenons à nos moutons...
En 1970, les Kosovars réclament la constitution du Kosovo pour en faire la septième république de la fédération. Ce qui est obtenu en 1972, date où la région devient officiellement autonome. Toutefois ce rêve d'indépendance se fait briser en 1989, où les nationalistes serbes réclament le retour du Kosovo en Serbie par la création d'une nouvelle constitution. Dès lors, s'en suivent une véritable revanche de la part des Serbes, avec l'abolition de la quasi-totalité des droits Albanais, et ce, dans tous les domaines: l'éducation, la langue, la culture, la religion, le travail ainsi que dans le contrôle de l'information médiatique. Face à cela, la résistance des Albanais s'organise autour de la Ligue démocratique du Kosovo, pacifique, puis autour de l'armée de libération du Kosovo (UCK). L’UCK dirigée par Adem Demaci engage la lutte armée en février 1996 en revendiquant un attentat contre un camp de réfugiés serbes de Bosnie. Après les tentatives de divers organisations et pays, c'est la médiation russe de Victor Tchernomyrdine qui permet d’obtenir le retrait de l’armée serbe et la fin des frappes. Les accord de paix de Kumanovo en Macédoine sont signés le 9 juin 1999. Le Kosovo est investi par la KFOR et placé sous tutelle onusienne (soit la tutelle de l'ONU). Bernard Kouchner est le premier administrateur. En mars 2007, le médiateur de l'ONU Mahti Ahtisari remet son rapport, favorable à une forme d'indépendance, au Conseil de sécurité. Enfin, le 17 février 2008, le président du Parlement Jakup Krasniqi déclare le Kosovo indépendant, libre et souverrain.

Les États-Unis et plusieurs grands pays de l'Union européenne (UE) ont exprimé au cours des dernières semaines leur intention de reconnaître rapidement l'indépendance du Kosovo après sa proclamation. Toutefois le Canada, et plusieurs autres pays aux prises avec des problèmes semblables d'indépendance (l'Espagne, la Grèce, la Bulgarie, la Slovaquie) semblent hésiter à reconnaître le Kosovo comme pays indépendant. Ainsi, le Canada s'est réservé de tout commentaire à ce sujet, toutefois Stéphane Dion et le Bloc québécois ne voient pas pourquoi le Canada ne reconnaîtrait pas l'accès des peuples à l'autodétermination.


¹Source (texte et image): Cyberpresse, http://www.cyberpresse.ca/article/20080217/CPMONDE/80217011/6488/CPACTUALITES, http://www.cyberpresse.ca/article/20080217/CPMONDE/802170680/6488/CPACTUALITES
²Source: Université Laval, http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/europe/Kosovo.htm
³Source: Culture en miettes, http://cultureenmiettes.blogspot.com/2007/04/les-guerres-dex-yougoslavie.html

vendredi 15 février 2008

Les arrières-arrières-arrières Petits-Fils de la Liberté

Le rôle politique de la jeunesse, dans la quasi-totalité de notre histoire nationale, s'est toujours pratiquemment révélé à pas grand chose. Certes, certains avaient des idéaux, certains se rassemblaient pour philosopher, pour rêver d'une société meilleure. Sans compter les marginaux, qui devenaient des héros au fil du temps (ou après leur mort), ou finissaient par se taire sous la pression qu'est le non-conformisme aux idées générales d'une masse d'individus.
Toutefois les héros étaient rares, et à ce titre, les plus connus sont sans doutes les Fils de la Liberté, un groupe de jeunes patriotiques fondé en 1837, face à l'immobilisme politique si difficile à supporter pour la fougue qui animait ses membres. C'est avec l'impression d'avoir vu renaître ce groupe que j'ai découvert aujourd'hui le JPQ, soit les Jeunes Patriotes du Québec. Sous le slogan Défendre les intérêts du peuple québécois! le site officiel se décrit comme: un regroupement militant composé de jeunes indépendantistes âgées majoritairement de 7 à 77 ans voués à la défense des intérêts du peuple québécois. Or au fil de mes recherches, il devient très clair que la marge d'âge se situe globablement beaucoup plus entre 15 et 25 ans, d'où l'idée d'appeler le groupe Jeunes Patriotes du Québec. Concrètement, le groupe semble très porté sur les images chocs, sur des concepts de stimulation politique très punchés, tels que l'envoi à la Ministre de la culture, dans la semaine du 20 janvier dernier, d'un bol rempli de 101 langues de porc pour protester contre le refus du gouvernement Charest et de sa ministre, Christine St-Pierre, de modifier la loi 101. S'en est suivi d'une prise de becs sur la station de radio 98.5 FM, où la ministre les qualifiait de grossiers et d'avoir fait des fautes dans leur message choc, accusation que s'est empressée de contredire les militants, qui ont affirmés ni plus ni moins que la mauvaise foi de Mme. St-Pierre n'avait pas de limites. Enfin, outre ce bol de langues de porc, plusieurs autres actions qui font sourciller, ou qui font sourire (selon le camp) sont notables, comme la mise en place d'une pancarte virtuelle annonçant une rançon de 101 000$ pour la Ministre et son Chef, un Sondage nommé Qui est le plus grand traître à la Nation (sondage largement remporté par Pierre-Elliott Trudeau) ou encore aujourd'hui dès 18h30, l'organisation d'une série de trois évènements, soit une marche silence aux flambeaux pour honorer la mémoire des 12 patriotes pendus, une conférence sur Émilie Gamelin, Femme Patriote et pour conclure, un concert bénéfice pour financer leurs activités.

Cette organisation, qui compte selon le FM parlé de Montréal, 150 membres actifs, est à mon avis tout simplement incroyable. Je ne parle pas ici du message véhiculé par les membres, le ton de cet article se veut neutre. Le sens du mot incroyable réside dans le fait qu'il s'agit d'une organisation qui a réussit à mettre en commun les idées de 150 personnes pour former un tout, qui par-dessus tout, reste jeune. Les efforts de politisation, et de conscientisation de cette classe de la population que JPQ met en oeuvre par des manifestations, par l'organisation de conférences et par son implication devrait être un model pour tous. Comment se fait-il qu'une partie de la jeunesse n'ose même pas ouvrir un journal dans la peur de se brûler, ou refuse catégoriquement l'idée de parler de politique et d'enjeux sociaux parce-que c'est plate et ça intéresse personne, alors que d'autres vont affronter les froids sibériens du Québec pour tenter d'informer quelques 100 personnes sur ce qui se passe, et ce qui s'en vient? Pourquoi est-ce toujours à quelques marginaux de se donner entièrement à leur cause, et au reste à s'insurger en lisant leur Journal de Montréal, puis à passer à autre chose, en attendant que ça bouge?

Le mouvement populaire, ça vous dit rien?


¹Source (texte et image): Jeunes Patriotes, http://www.jeunespatriotes.org/
²Source: 98.5 FM, http://985fm.ca/mp3player.php?mp3=119611.mp3
³Source: Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_Fils_de_la_Libert%C3%A9

jeudi 14 février 2008

Quelle horreur, une fusillade. Que pouvons-nous faire...

14 février 2008. Jour de l'amour, jour des festivités entourant ce grand mythe qui selon Freud régit tous les moeurs, le sexe.
Jour de la fusillade du Northern Illinois University.
Jour durant lequel 15 personnes ont été blessées physiquement et mentalement.
Jour durant lequel quatre personnes en sont décédées.
Jour durant lequel un homme est mort, un fusil à la main, la détresse dans les yeux.

Le nombre de fusillades à l'intérieur des écoles ou des campus universitaires devient tellement impressionnant que c'est avec horreur que je constate que la plupart des médias en viennent à les banaliser, avec des titres du genre "Une nouvelle fusillade aux États-Unis". Pourquoi Une nouvelle? C'est une de plus, c'est un échec, un recul. Le titre devrait être: Quelle horreur, une fusillade. Que pouvons-nous faire? Ou quelque chose comme...
Enfin, reste que la question est légitime, beaucoup plus que d'apprendre le pourquoi du comment, ou se faire relater la façon dont le tueur, ce méchant-détraqué, a bien planifié son coup pour détruire nos familles. Ah qu'il est facile de voir le côté de la médaille que l'on veut bien voir, ou que notre public veut voir pour s'assurer nos cotes d'écoutes...Ainsi est régit notre démocratie. Un politicien se fera-t-il élir pour ses idées, ou pour ses promesses? Le bulletin de vote est-il voté en fonction des idéaux du voteur, ou en fonction du charisme du politicien? Enfin, je m'égare...

Face à l'augmentation du nombre de fusillades dans les écoles, les auteurs américains James McGee et Caren De Bernardo, ainsi que Verlinden, Hersen et Thomas publient respectivement deux livres à intervalles de dates rapprochées, mais qui comportent essentiellement les mêmes points. Comment reconnaître un fusilleur, et comment réfléchit-il, comment voit-il la vie?
Ces informations nous sont utiles dans la mesure où si l'on comprend mieux l'individu, il est plus facile de le traquer ou de le reconnaître, et à partir de là, de l'aider.

Le fusilleur est un jeune homme de classe moyenne, en bonne santé physique et d'intelligence moyenne. Il habite le plus souvent en région rurale ou dans la banlieue. Il fréquente une école publique et provient assez souvent d'un milieu familial perturbé. Il habite un foyer où on a facilement accès à des armes. Solitaire, il entretient de pauvres relations avec les gens de son âge. Très sensible à la critique, il éprouve de vifs sentiments d'aliénation, de rejet par autrui, et rumine mentalement différents scénarios de vengeance. Il est extrêmement critique et intolérant envers les autres. Il développe un intérêt très marqué pour toutes les représentations de violence qu'il est possible de trouver dans les arts et dans les médias. Il a tendance à se vanter publiquement de ses fantaisies violentes et de sa cruauté. Il prémédite et planifie habituellement son assaut et va même jusqu'à communiquer explicitement son intention de passer à l'acte (par des lettres, des journaux intimes ou des graffitis). Au moment de choisir ses cibles, il est à noter que, dans un mouvement de «triomphe vengeur», il s'en prend souvent d'une façon toute particulière aux femmes ou aux étudiants qui se démarquent par leurs talents scolaires ou sportifs. Plusieurs des auteurs de fusillade luttent contre une profonde dépression, ce qui fait en sorte qu'ils entretiennent des fantaisies suicidaires ou de «suicide par les policiers» (suicide by cop).

L'extrait, qui provient du Quotidien Le Devoir, m'a tout de suite fait penser à Kimveer Gill, cet étudiant qui avait créé un tollé en fusillant le CÉGEP anglophone Dawson. Bien que ce soit un jugement très subjectif, la comparaison de cette analyse avec d'autres cas paraît me confirmer sa validité. Ainsi, en sortant quelques points de ce texte, il est possible de faire une analyse des solutions possiblement adoptables pour tenter d'enrayer le fléau.

1) Il habite un foyer où on a facilement accès à des armes: L'Agence de santé publique du Canada nous le confirme en donnant quelques chiffres... Dans bon nombre d'études portant sur la thèse de l'accessibilité, on a comparé les foyers possédant une arme à feu avec ceux où il n'y en avait pas. Kellerman et ses collègues, par exemple, ont conclu que l'homicide d'un membre de la famille était 2,7 fois plus probable dans un foyer possédant une arme à feu que dans un foyer sans arme. Dans une autre étude, on est parvenu à la conclusion, une fois pris en compte plusieurs facteurs de risque indépendants, que la possession d'une ou de plusieurs armes à feu multipliait le risque de suicide par 4,8 dans ce foyer. Les risques augmentaient, en particulier pour les adolescents, lorsque les armes à feu étaient conservées chargées et déverrouillées. Cela n'est-il pas suffisant pour règlementer davantage l'accès aux armes à feu? Toujours selon cette Agence, les taux d'octroyement d'armes au Canada par rapport au nombre de foyers est de 26%, ce qui est un haut taux par rapport à certains pays comme le Japon (0,6%), mais faible par rapport à d'autres comme la Finlande, qui a un taux de 50%, et aucune règlementation sur l'utilisation ou la possession d'armes.

2) Il a tendance à se vanter publiquement de ses fantaisies violentes et de sa cruauté: La société en général n'a-t-elle pas de questions à se poser en ce qui a trait à la banalisation de certains actes ou faits dans cette masse hétéroclite de nouveaux genres? Comment se fait-il que l'on trouve normal un jeune homme qui promet de tuer, de se venger, ou qui est violent verbalement, ou physiquement? N'a-t-on pas trop tendance à dire Il est EMO ou ça lui passera, c'est l'adolescence?

3) ...qu'ils entretiennent des fantaisies suicidaires ou de «suicide par les policiers»: Selon les spécialistes de Appelle!, un organisme à but non-lucratif destiné à la prévention du suicide par écoute téléphonique, aucune menace de suicide ne doit être prise à la légère, et ce, qu'elle soit occasionnelle ou répétée. Si quelqu'un fantasme à l'idée de se suicider de façon héroïque (le sens du mot héroïque n'est pas nécessairement positif), il y a de l'aide, et c'est à nous de leur trouver.

Enfin, toujours est-il que l'on a tendance à agir de façon irrésonnable lorsqu'on ne comprend pas les motifs qui régissent la vie de certains individus. Plutôt que d'encourager la mise en place de détecteurs de métaux aux portes des écoles (Une idée qui à mon sens, fait plutôt États-Unis...dans le genre d'essayer de shooter de l'ozone dans la couche d'ozone pour remplir les trous qu'ils ont eux-mêmes faits) et de cette façon, d'enrayer le problème de façon superficiel, de masquer, il serait dans notre grand intérêt d'essayer d'appliquer un concept qui semble perdu à l'ère individualiste:

La compassion...


¹Source (image): Reuteurs, http://www.reuters.com
²Source: L'agence de la Santé publique du Canada, http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/cdic-mcc/19-1/d_f.html
³Source: Cyberpresse, http://www.cyberpresse.ca/article/20080214/CPFRONTPAGE/80214183/-1/CPFRONTPAGE
4Source: Radio-Canada, http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2006/09/13/005-Fusillades-Ecoles-Liste.shtml?ref=rss
5Source: Le Devoir, http://www.ledevoir.com/2006/09/20/118532.html