Le cadran sonne. 7h00. C'est l'heure pour Émile de se lever et d'aller à l'école. Toutefois celui-ci ne se fait pas réveiller: il ne dormait pas. Émile souffre de TDA-H, le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité motrice. Ses parents, qui ont déjà fait leur deuil de l'enfant parfait, souffrent également de sa condition, en se faisant répéter constamment par leurs proches qu'ils ne sont pas assez sévères avec leur petit, ou qu'ils lui donnent trop de sucre. Toutefois ils ne sont pas les plus à plaindre: Émile doit vivre avec ce trouble au quotidien, et continuera de vivre avec jusqu'à l'adolescence, où il lui fera augmenter de façon significative ses chances d'être toxicomane, dépendant à l'alcool et anti-sociable. Le TDA-H, c'est un trouble héréditaire dans 95% des cas, qui touche 5% des enfants de la Province. Il s'agit d'une déficience sur le plan des neurotransmetteurs (en particulier la dopamine) qui provoque un ralentissement du fonctionnement d'une zone du cerveau (lobe frontal), responsable du contrôle de certains comportements. Pour contrôler la déficience, le meilleur traitement reste pharmacologique: le Ritalin. Il améliore spécifiquement la concentration, la mémoire, le contrôle de la frustration et de la colère. Ce médicament est un stimulant cérébral qui active la sécrétion de deux neurotransmetteurs, la dopamine et la noradrénaline, substances chimiques qui rendent possible le passage d'un message d'une cellule nerveuse à une autre. Ce médicament ne guérit pas le TDA-H, il ne fait que permettre à l'enfant de mieux contrôler ses symptômes. Donc, la guérison de cette affection ne se fait pas uniquement par le Ritalin, mais par divers autres moyens que les parents doivent mettre en place chez l'enfant. Toutefois est-ce possible que l'enfant ne consomme pas de Ritalin, tout en étant contrôlable? La raison étant que le Ritalin n'est pas sans danger, principalement s'il est prescrit de façon abusive chez un enfant qui n'en a pas besoin. Puisque les symptômes du TDA-H sont la faible capacité d'attention, l'impulsivité et l'hyperactivité, et que ceux-ci sont reliés à une panoplie d'autres pathologies, la prescription de ce médicament devient difficile. Dans le début des années '90, déjà, plusieurs parents s'inquiétaient du taux de prescription qui montait en flèche, et ont commencé à associer le Ritalin à un remède pour paresseux, dangereux et mauvais. Il est vrai que les symptômes à court terme font sourciller: insomnie, irritabilité, douleurs abdominales, diminution de l'appétit, perte de poids, augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Cela n'a pas semblé décourager une majorité, toutefois: aujourd'hui, il y a 5 fois plus de parents qui donnent à leur enfant du Ritalin qu'en 1990. Et cela même si les études semblent prouver que la dépendance ultérieure à des stimulants chez l'enfant en sera fortement augmentée. Selon la Dr. Nadia Gagnier, il y a certains cas où la prise de Ritalin est nécessaire, et où l'enfant est tout simplement incapable de fonctionner en société. C'est précisément cela qui est intéressant: la société, habituée à la facilité, devient-elle intolérante aux gens "imparfaits"? Est-elle plus portée à "geler les enfants" pour éviter le trouble d'avoir à négocier avec des chutes d'humeur ou des comportements en montagne russe? Selon Francine Côté, directrice et fondatrice de l'Association Panda, qui soutient les parents et l'enfant en déficit d'attention, les parents ne sont jamais heureux d'en arriver à donner de la médication à leur enfant (une médication qui soit dit en passant, nécessite un horaire régulier, puisque la posologie est d'une fois aux quatre heures) et c'est souvent en dernier recours qu'ils vont consulter un médecin. Toutefois sa déclaration est un peu obscurcie par les chiffres des dernières années qui montrent que le nombre d'ordonnances est passé de 37 000 en 1990 à plus de 183 000 en 1997. Chiffres auxquels s'ajoute le fait que dans les milieux défavorisés, le pourcentage d'enfants consommant du Ritalin se chiffre à 12 %, comparativement à une moyenne de 5%. Les parents d'aujourd'hui ont-ils autant de temps à donner à leurs enfants, temps qui aujourd'hui, est la plus précieuse des denrées? Francis Brière et Christian Savard, auteurs du livre Les alternatives au Ritalin, semblent croire que non. Avec ce livre, on ne voulait pas dire que le Ritalin n'est pas bon, mais qu'il faut aussi explorer autre chose, dit Francis Brière. Le livre Les alternatives au Ritalin s'interroge notamment sur les bienfaits d'une alimentation riche en magnésium, en zinc et en oméga-3. Les auteurs explorent la piste de l'homéopathie et des produits naturels, dont l'efficacité n'a pas été prouvée.Partout, le verdict est le même: Le Ritalin est nécessaire, mais pas dans tous les cas. Bien que la majorité des parents semblent le faire, il faut essayer d'autres méthodes que le Ritalin lorsque l'on constate ce trouble chez un enfant. Car les complications immédiates et ultérieures ne vaudront peut-être pas l'acalmie temporaire que l'on ira gagner en lui donnant sa dose...
¹Source: Centre communautaire d'intervention en dépendance, http://www.etape.qc.ca/drogues/ritalin2.htm
²Source (texte et image): Cyberpresse, http://www.cyberpresse.ca/article/20060511/CPACTUEL/60511053/1062/CPACTUEL
³Source: Espace Parents Canoë, http://espaceparents.canoe.ca/style-vie/consommation/2007/03/26/3836749-jdm.html
1 commentaire:
Mon frère a un déficite de l'attention. Il prend un espèce de ''Ritalin amélioré''. Ce médicament, le Concerta, ne nécéssite pas un horraire régulier et agit de la même façon que le Ritalin. Par contre, les effets secondaires sont les mêmes.
Il a hérité cette maladie de mon père, ayant lui aussi un déficite de l'attention. Mon père a redoublé sa 2ème année à cause de ça(il ne prenait pas de Ritalin, car à cet époque ça n'existait pas encore). Il serait arrivé la même chose à mon frère s'il n'avait pas commencé à prendre du Ritalin.
Je crois personnellement que le Ritalin(Concerta) a eut un gros impact positf sur la vie académique de mon frère. C'est sûr que les psychologues et les médecins en prescrivent beaucoup, trop même je suis d'accord, mais pour ceux qui ont vraiment un trouble(un vrai trouble là, pas seulement un léger manque de motivation)c'est extrèmement bénéfique car plusieurs d'entre eux ont très intelligent mais ne peuvent pas exploiter leur intelligence au maximum car le déficite de l'attention les empêche de se concentrer adéquatement, et disons que ce manque de concentration transparrait dans leur bulletin. En plus de la réforme de l'éducation, qui notes beaucoup d'aspect de l'apprentissage en fonction de l'organisation des élèves(ce que les personnes qui on un trouble de l'attention ne sont vraiment pas habituellement, organisés)ça les aide encore moins dans leur performances académiques. Si les psychologue(au Québec) donne des prescriptions à tout le monde c'est parce qu'ils savent très mal dépister le déficite de l'attention, manque de formation et de connaîssances sur ce trouble.
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