À un vote de 62 pour cent des étudiants, le département des sciences humaines entre en grève cette semaine à L'UQAM, en protestation contre la hausse des frais de scolarité annoncée dans le cadre du redressement financier de l'établissement d'enseignement universitaire. Face à cette décision, l'UQAM demande à tous ses autres étudiants (lettres, langues, communications, sciences politiques, droit et arts) qui doivent se prononcer sur la question, de ne pas suivre le même raisonnement que ceux qui débrayeront toute la semaine. D'abord pour une question d'altruisme; dans un communiqué diffusé aujourd'hui, l'Université affirme que les premiers pénalisés seront les étudiants, ce qui implique implicitement toute la communauté professorale de l'établissement. Ensuite pour des raisons plus individualistes, soit qu'en ce moment, en pleine crise budgétaire, alors que l'UQAM s'efforce de trouver des solutions à la crise financière qui l'affecte, toute perturbation de la vie académique risque d'aggraver sa situation budgétaire et de nuire aux étudiants désireux de poursuivre leurs études. De plus, puisque le conflit pourrait s'étendre pour une période encore plus longue (la décision sera prise à la fin de cette semaine), le choix des futurs étudiants pourrait être remis en question par cette grève, qui les bloquerait dans leurs études et dans leurs moyens financiers limités pour les accomplir dans un laps de temps qu'ils voudront le plus court possible. Selon les Statistiques de Jeunesse Canada, le Québec est la province où les frais de scolarité sont les plus bas au pays, et où l'inflation de ces frais est la plus basse. Par exemple, pour les années '93-'03, la variation des frais de scolarité au Québec a été de 20%, alors qu'en Ontario ou à Terre-Neuve on enregistre des taux de plus de 105%, pas si loins de la moyenne canadienne, 98% d'augmentation en 10 ans. On affirme également que selon l'Institut Économique de Montréal, ne pas permettre l'augmentation des droits universitaires pour répondre aux besoins risque de compromettre de façon importante la qualité de l'éducation supérieure au Québec sans pour autant profiter aux étudiants les moins bien nantis. Hypothèse confirmée par le gouvernement du Québec, qui affirme que la probabilité de s'inscrire pour la première fois à un Baccalauréat s'est accrue de près de 6 points depuis une dizaine d'années. Là où plusieurs étudiants s'insurgent, c'est dans le fait que peu importe le montant de l'augmentation, les étudiants seront séquestrés dans ces coûts et s'endetteront de plus en plus. Or on nous affirme que le programme de Prêts et Bourses mis en place par le Gouvernement remplace la totalité des frais d'augmentation. D'où la fameuse phrase "1$ pour 1$".À mon avis si la quasi-totalité des universités crient à l'aide dans leur planification budgétaire, c'est qu'il y a un problème de fond. Que les étudiant ne veulent pas payer est une chose, mais si cela compromet la qualité des services offerts, il y a un problème. Quand à l'idée d'avoir un système scolaire gratuit: elle est absurde. Même si à long terme, l'économie s'en porterait mieux car le taux de diplômés augmenterait de façon significative le revenu moyen, la Province n'est actuellement pas en mesure de supporter financièrement et administrativement une gestion publique de l'éducation comme elle le fait avec la Santé, domaine qui par ailleurs coûte le plus cher à l'État.
¹Source (textes et image): Cyberpresse, http://www.cyberpresse.ca/article/20080211/CPACTUALITES/80211166/1019/CPACTUALITES
²Source: Services Canada, http://www.jeunesse.gc.ca/yoaux.jsp?lang=fr&auxpageid=802&ta=1&flash=1
³Source: Ministère de l'éducation, http://www.meq.gouv.qc.ca/rens/brochu/ens-univ.htm
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