
Le cliché le plus connu de l'adolescence est sans contredit l'image du jeune homme (l'utilisation d'un personnage masculin n'a pour but que d'alléger le texte) reclus sur lui-même, les écouteurs dans les oreilles, brandissant un couteau pour affirmer sa personnalité à travers de sanglantes coupures dans les bras. Bien que ce soit une image beaucoup trop forte pour ce qu'il en est réellement de la majorité des adolescents, l'exagération provient toujours d'une base de vérité, et il est vrai qu'à cette période du développement personnel, cette tranche d'âge est en quête identitaire.
Au même titre que ces individus aux humeurs changeantes, le Québec serait-il, face aux grandes nations vénérables telles la France, l'Espagne ou l'Angleterre, un jeune boutonneux prêt à se courber l'échine à chaque ordre reçu? Il n'y a qu'à observer le dossier de la guerre actuelle dans la région de Kandahar pour se le faire confirmer. Bien que le Canada soit en place dans cette région brûlante (dont personne ne veut puisque le taux de mortalité est l'un des plus élevés de toute l'Afghanistan) depuis plusieurs années, on lui refuse le droit à changer de région avec par exemple la Hollande, alors qu'initialement, c'est ce qui aurait dû arriver avec la méthode de la rotation des zones de contrôle de l'OTAN. Qui plus est, la mission canadienne, dont la fin avait été prévue en février 2009, pourrait se poursuivre dans la même zone pour encore quelques années! Le Canada, tel un enfant à qui l'on donne une sucette pour le faire taire, a déclaré timidement à l'OTAN qu'il partirait de la zone dont personne ne veut s'il n'obtient pas un surplus d'hommes et d'équipement avant février 2009. Inutile de dire que les pays membres de l'Organisation du Traité Atlantique Nord ne font pas des pieds et des mains pour régler la situation: seuls les États-Unis ont demandé à Paris d'envoyer des renforts (bien que ce soit une démarche totalement symbolique puisqu'ils savent très bien que les Français sont opposés à la guerre en Afghanistan, et qu'eux savent se tenir face à leurs convictions).
Enfin, cette quête identitaire québécoise, pourquoi ne se fait-elle pas aussi vite que celle, par-exemple, des États-Unis, qui sont à titre de comparaison, un fringant jeune homme à l'oeil vif? Il est connu que tout immigrant arrivant aux États-Unis accroche d'emblée un drapeau bien Américain devant chez lui, et mangera pour premier plat un hamburger bien gras, afin de prouver son appartenance à cette nation si hétéroclite mais qui possède un nationalisme, une fierté et une identité propre et établie.
La course à l'identité passerait-elle donc par le développement de notre fierté nationale? Le peuple sans histoire et sans culture (c.f. Durham, dans son rapport) aurait donc bien intérêt à suivre des cours de valorisation de soi-même, avant de demander aux immigrants d'en faire autant.
¹Source de l'image: http://www.grace24u.org
¹Source de l'image: http://www.grace24u.org
1 commentaire:
Qu'est-ce que je devrais rajouter à un article si bien écrit qui décrit la situation canadienne.
Julien, tu fais du beau travail! Continue!
C'est super intéressant lire des articles sur la politique écrits par un jeune de mon âge, au lieu des chroniques dans la Presse!
C'est plus jeunes, mais tout en restant super professionel ! :)
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