samedi 2 février 2008

Stopper la réforme, à condition de la comprendre...

C'est à midi que débutera aujourd'hui la "Manifestation pour stopper la réforme", coin Berri-Sainte-Catherine à Montréal. Au menu: animations, conférences, atelier de pancartes et même soupe populaire! De tels actes n'ont rien de surprenant, ils ne sont que l'aboutissement d'une fureur et d'une incompréhension encore plus grande des enseignants, des élèves et des parents, qui l'expriment et la réexpriment à travers tous les médias inimaginables: lettres, journaux, radio, publicité, sites web, sondages et pétitions. Non seulement ceux-ci, en collaboration avec la Fédération autonome de l’enseignement, rejettent-ils la réforme sous toutes ses coutures, mais informent en plus sur la qualité des enseignements offerts aux élèves par des études de firmes privées, qu'ils publient sur leur site officiel: http://www.stopponslareforme.qc.ca/
Sur cette publicité, on peut y lire que le rang mondial québécois est passé de 6ième à 23ième en lecture, de 5ième à 14ième en mathématiques, et de 9ième à 19ième en Sciences. De plus, on y indique qu'un faible 18% des professeurs, et 21% des parents sont en accord avec la réforme. Pire: la pétition lancée par le même site a récoltée 25 817 noms, et 8129 membres actifs anti-réformistes.
Il est toutefois étonnant de constater qu'il y a effectivement beaucoup d'individus en désaccord avec la réforme, mais que la plupart d'entres eux ne semblent même pas savoir le but de ces changements, ou même les apprentissages réalisés par leurs enfants.

Initialement, la réforme a été créée pour répondre à un besoin du domaine de l'enseignement, qui a considéré à l'époque que le progrès scolaire passait par l'amélioration des services d'éducation. Puisque les statistiques des années 90 ont commencées à devenir de plus en plus inquiétantes, (taux de décrochage scolaire et d'échec qui montaient en flèche) le Gouvernement a lancé en 95-96 une vaste étude dans le domaine de l'enseignement, afin d'obtenir les recommandations qui lui auront permis de créer ce qu'est actuellement la réforme.
Avec ce nouveau système d'éducation, on tente de faire disparaître les disparités entres étudiants pour s'assurer d'un plus grand nombre de diplômés. Pour ce faire, on met en pratique un des pilliers de la réforme, soit d'inter-relier les différentes matières, car on s'est rendu compte que les élèves oubliaient souvent la matière enseignée une seule fois, et pendant un laps de temps X. Ainsi, on enseigne souvent la même matière en sollicitant l'effort intellectuel et en forçant l'élève à faire des liens avec ce qu'il a déjà appris. Toutefois, ces caractéristiques d'unité sociale (tout le monde au même niveau) et d'unité des matières crée une ambiguité par rapport aux résultats, par rapport à la qualité de l'enseignement, ou au véritable résultat de cette approche par compétences.
À mon sens, l'idée de base est excellente: obliger l'élève à apprendre par son propre cheminement et à inter-relier les matières est beaucoup plus profitable que de recevoir les connaissances par blocs sans aucune application. Le projet de la réforme s'est peut-être seulement trop fait vite: face aux chiffres alarmants, le Gouvernement a peut-être simplement trop voulu calmer les choses rapidement, et l'on assiste aujourd'hui à des conséquences encore plus grave qui si les choses avaient été étudiées et analysées sous un laps de temps plus grand.
Je reste toutefois partisan du libre-choix. Puisque le projet est implanté, ce devrait être aux écoles de choisir entres les deux modes d'enseignement. Ce sera à l'élève, enfin, de déterminer ce qui lui convient mieux comme approche.


¹Source (textes et image): Stoppons la réforme, http://www.stopponslareforme.qc.ca/
²Source: Jasons réforme,
http://www.jasonsreforme.qc.ca/

1 commentaire:

farell333 a dit…

Selon moi, l'unification de matières pour en faire les "Sciences et technologies" est très nuisible à l'apprentissage. Premièrement, le fait de mélanger les sciences ensemble ne laisse pas l'élève savoir clairement dans quel domaine il se trouve. Si jamais on le lui dit, c'est beaucoup moins précis que d'avoir un cours pour chaque sorte de science. En plus, l'ordre dans lequel ils apprennent les concepts n'est pas très réfléchi non plus, il ne sépare pas les grands domaines, mais assemble les théories dans un ordre qui ne donne pas d'indice sur les différences présentes dans celles-là. Deuxiemement, les enseignants sont grands perdants dans tout ça puisqu'il y en a qui enseignent une science précise depuis une vingtaine d'année et qui doivent maintenant enseigner un mélange de matières à leurs élèves. Il est donc plus probable que l'enseignant ne soit pas spécialiste dans ce qu'il enseigne.